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Les villes sont comme des îles sous le pinceau de Blandine Thévenin

Après l'exposition de Dominique Laidebeur, c'est une autre artiste peintre rémoise qui vient d'accrocher ses oeuvres à la station.
L'espace culturel des TUR offre ainsi au grand public l'occasion de découvrir pour la première fois le travail de Blandine Thévenin.
Diplômée de l'école des Beaux Arts de Reims en 1985, la jeune femme présente jusqu'au 25 octobre un ensemble d'huiles sur toile innondées de bleus -de l'outremer à l'azur- qui tendraient vers l'abstraction si elles n'étaient parcourues de réseaux, de silons et de volumes rigoureux, comme autant de signes offerts à la contemplation du visiteur.
Ce sont dit-elle des impressions de villes portuaires, au coeur des provinces ou campées sur des fleuves.
Des villes en tout cas comme des îles enracinées ou des galons encore à l'amarre, immergées dans le quotidien et l'effervescence des jours.
Le jeu des lignes, armatures, végétaux, édifices dessinent une trajectoire, un cheminement qui se dépouille prograssivement du superflu pour aller au coeur des choses : le parcours du peintre peut alors rejoindre du visiteur dans une mêle interrogation du réel.
Blandine Thévenin accueille le passant comme elle l'interpelle dans ses toiles, il suffit d'entrer à la station pour la rencontrer, parler de son oeuvre dont l'exposition reflète la part essentielle.
Mais dans son atelier à Reims, Blandine Thévenin réalise également sur commande des miniatures et des meubles peints.
Si elle n'est pas là, la photographe Françoise Bonello, auteur de la plaquette publiée pour cette occasion, se propose de guider le visiteur : "Il me semble que ce travail dit (...) qu'une élévation ne saurait être engendrée sans enracinement profond. Il rend de la même manière hommage à la Terre mère, à ses belles et multiples émanations" dit-elle.

L'Union du 25.09.1992.


Eclats de rire et de couleurs

Etudiante aux Beaux-arts, Blandine n'a jamais réussi à se satisfaire des cours que ses professeurs lui donnaient. Libre, elle a toujours été beaucoup plus attirée par la matière et les couleurs que par le dessin. " je ne suis pas dessinatrice mais peintre " précise-t-elle. Ce qui compte c'est sa capacité à faire passer le message. Pas de grands desseins philosophiques avec sa peinture, juste un immense éclat de rire et une explosion de joie.

Ses toiles représentent des vues de ville où elle redéfinit les règles de la perspective.




Ses traits, si l'on réfléchit selon les mêmes règles, sont erronés mais l'ensemble est plus que cohérent et, en insistant encore un peu plus, on s'aperçoit qu'il ne peut en être autrement.
Si on lui demande pourquoi, elle répond : "On ne me fera jamais croire que deux rails de chemin de fer doivent rejoindre pour créer une perspective ou, dans ce cas, je ne veux pas voir l'état du train ! Je ne cherche pas à montrer ce que l'on croit voir, je peins ce que je vois. Et moi, je n'ai jamais vu deux rails de chemin de fer se réunir " .
Elle peint également beaucoup de paysages et de fleurs. Mais lorsque Blandine peint une fleur, elle ne se contente pas de vous montrer une fleur. Elle vous invite à rentrer dans un champ de tournesols ou tout, même le ciel, est jaune.
" Lorsque je regarde un champ de tournesols, je ne vois plus que du jaune, tour même le ciel se réunissent dans cette couleur". Voir "Tournesols ? Merci Vincent". De plus, elle vous montre ses fleurs de plus en plus près, de plus en plus grosse. " Le papavers" par exemple, cette immense fleur dans laquelle elle vous propose de plonger le visage.

L'Aisne Nouvelle, 30.07.98

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